Les assistants IA ignorent près de la moitié des commerces suisses
Une étude de Quaryan, relayée par ICTjournal, révèle que 41% des 276 commerces suisses examinés ne sont jamais cités par ChatGPT, Gemini, Claude ou Perplexity. Seuls 12% du panel ont été mentionnés par les quatre assistants lors de 1728 requêtes testées dans six villes et six secteurs d'activité.
Pour un dirigeant de PME romande, ce constat change la donne. Les clients potentiels demandent déjà à un assistant : « trouve-moi un bon menuisier à Sion » ou « quel hôtel près du centre de Lausanne ». Si votre entreprise n'apparaît pas, vous ne figurerez même pas dans la liste des options — sans que vous le sachiez.
Ce que les chiffres de Quaryan nous apprennent
Les résultats varient sensiblement selon les assistants. Gemini affiche la couverture la plus large avec 12,9% des commerces mentionnés en moyenne par réponse, suivi de Claude (10,7%), ChatGPT (7,9%) et Perplexity (5,1%). Plus inquiétant : 56% des réponses ne citent aucun commerce de l'échantillon testé, et une réponse mentionne en moyenne seulement 9,1% des établissements disponibles localement.
Quaryan observe aussi que les assistants limitent le nombre d'établissements proposés, quelle que soit la concurrence locale. Dans une grande ville comme dans une petite, le filtrage reste sévère. Les écarts entre métiers et régions reflètent donc autant la densité de concurrence que les biais propres à chaque algorithme.
Enfin, les réponses manquent de stabilité. Lors d'une première vague de tests la veille, moins de la moitié des commerces cités pour une même requête étaient identiques. La visibilité algorithmique est donc volatile, même si les taux globaux restent stables.
Qui est concerné dans une PME romande
Cette problématique touche avant tout les entreprises qui dépendent d'une clientèle locale et d'une recherche de prestataires : hôtellerie, restauration, artisanat, services aux particuliers, cabinets médicaux ou para-médicaux. Une menuiserie de Sierre, une fiduciaire de Monthey, une régie immobilière de Martigny — toutes sont exposées.
Les PME B2B moins dépendantes de la notoriété locale y échappent davantage. Un fabricant de pièces techniques qui vend à trois grands donneurs d'ordre n'a pas le même enjeu. De même, les entreprises déjà très présentes sur les plateformes de réservation ou les annuaires spécialisés partent avec un avantage.
Attention toutefois : la relation entre visibilité et facteurs observés est corrélationnelle, pas causale. Les commerces avec beaucoup d'avis sont peut-être aussi plus grands ou plus actifs en ligne. Quaryan insiste sur cette limite méthodologique.
Ce qui fonctionne vraiment, selon l'étude
Quaryan identifie plusieurs leviers associés à une meilleure visibilité. Les voici classés par accessibilité pour une PME romande :
| Levier | Impact observé | Action concrète |
|---|---|---|
| Avis Google | 1,7x plus de citations pour la moitié supérieure | Solliciter systématiquement les clients satisfaits, répondre aux avis |
| Pages tierces citées | 2,1x plus de citations | Être présent sur guides locaux, annuaires sectoriels, médias régionaux |
| Réservation en ligne | Associé à une meilleure visibilité | Intégrer un bouton de réservation ou devis en ligne |
| Horaires structurés | Associé à une meilleure visibilité | Utiliser le format schema.org sur le site, pas seulement du texte |
| Référencement local | Facteur global positif | Optimiser Google Business Profile, cohérence NAP (nom, adresse, téléphone) |
Deux éléments ne montrent pas d'effet significatif selon Quaryan : le fichier llms.txt, pourtant promu par certains experts, et la simple publication des horaires ou prix en texte libre. Les données structurées comptent plus que l'affichage brut.
L'étude révèle aussi que les assistants s'appuient largement sur le web traditionnel. Le site propre du commerce est consulté dans 55% des cas où il est cité. Pour les requêtes « le meilleur », une page tierce (guide, classement, annuaire) est la seule source dans 52% des cas. Être visible sur le web classique reste donc le fondement de la visibilité IA.
Points de vigilance pour une PME romande
Dépendance aux plateformes américaines. ChatGPT, Gemini, Claude et Perplexity sont des services étrangers dont les critères de sélection opaques évoluent sans préavis. Votre visibilité dépend d'acteurs qui ne vous doivent rien. C'est un risque stratégique, pas seulement technique.
nLPD et données personnelles. Si vous développez des outils pour collecter des avis ou analyser votre visibilité, vérifiez où ces données transitent. La nouvelle loi fédérale sur la protection des données (nLPD) s'applique. Pour les questions précises, consultez le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) ou votre fiduciaire.
Coûts cachés. Gérer sa présence sur Google Business Profile, plusieurs annuaires, un site optimisé avec données structurées, plus une veille sur les avis — cela prend du temps. Comptez quelques heures par semaine pour une gestion active, ou budgetez un prestataire. Ce n'est pas gratuit.
Le piège de la course aux avis. Solliciter systématiquement les avis peut devenir intrusif. Un client mécontent qui se sent harcelé laissera un avis négatif. La qualité du service reste le premier levier ; le référencement ne sauve pas une entreprise défaillante.
Maturité des outils. Les assistants IA changent rapidement. Ce qui fonctionne aujourd'hui peut s'effacer demain. Ne restructurez pas toute votre stratégie digitale autour de critères dont la pérennité n'est pas assurée.
Que faire maintenant
- Vérifiez votre présence de base. Recherchez votre entreprise sur Google, testez quelques requêtes sur ChatGPT et Gemini avec la recherche web activée. Notez si vous apparaissez, et dans quel contexte. Cinq minutes suffisent pour un premier diagnostic.
- Optimisez Google Business Profile. C'est le socle le plus accessible. Horaires à jour, photos récentes, réponses aux avis existants, catégories précises. L'étude de Quaryan montre que les avis Google comptent particulièrement.
- Structurez vos données. Si vous avez un site, assurez-vous que les horaires, l'adresse et le téléphone utilisent le format schema.org. Votre webmaster ou l'agence qui gère votre site peut le vérifier. Ce n'est pas visible pour le visiteur, mais lisible par les machines.
- Identifiez deux ou trois pages tierces pertinentes. Un guide local, un annuaire professionnel, une plateforme de réservation dans votre secteur. Vérifiez si vous y êtes référencé, et à jour. Ne dispersez pas vos efforts sur dix canaux.
- Demandez un pré-diagnostic. Chez FlowBiz.ai, nous proposons un assistant de sélection gratuit pour évaluer si une automatisation ou un agent IA peut vous aider à structurer cette visibilité — sans engagement, hébergé en Suisse. Vous pouvez aussi consulter nos exemples d'automatisations ou passer notre quiz IA en deux minutes.
La visibilité algorithmique n'est pas une mode. C'est déjà un canal de découverte pour vos clients potentiels. Le constat de Quaryan est clair : la moitié des commerces suisses y sont invisibles. Pour une PME romande, c'est autant une menace qu'une opportunité de se distinguer avant que la concurrence ne rattrape son retard.



